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Pourquoi la france doit se préoccuper du veillissement des europeens BFM BUSINESS

Des experts estiment qu’il existe un lien entre la démographie et le dynamisme de l’activité économique. Or, la plupart des pays européens devraient perdre des millions d’individus en âge de travailler d’ici à 2050. Certes la France serait moins touchée, mais elle pourrait pâtir des difficultés de ses voisins.

Le vieillissement de la population européenne va-t-il plomber l’économie du continent? Ce sera le cas à en croire Jean-Michel Boussemart, délégué général de COE-Rexecode, et Michel Oget, membre du comité scientifique de la Fondation Robert Schuman. Dans une note, les deux auteurs prédisent carrément un “suicide démographique” d’ici 2050.

Pour expliquer la croissance, les études économiques se sont jusqu’à présent concentrées sur le progrès technique et l’innovation. Or, les auteurs ont relevé un paradoxe surprenant:

“Il est plus rare de relever que dans les années 1950 et 1960, l’augmentation de la productivité apparente du travail était deux à trois fois plus élevée que dans les années 1980 et suivantes alors qu’à l’époque il n’y avait pas d’ordinateurs et qu’on ne parlait pas de révolution technologique.”

Les années de croissance d’après guerre, appelées Trente glorieuses, ont coïncidé avec une vague démographique, le fameux “baby boom”. “À l’inverse, la croissance économique comme celle de la productivité n’ont cessé de ralentir aux États-Unis, en Europe et au Japon depuis le début des années 1980″, pointent-ils. Or, c’est au même moment que le nombre de personnes âgées de 20 à 64 ans, autrement dit ceux en âge de travailler, a commencé à stagner.

49 millions de personnes en âge de travailler en moins

Problème, d’après les projections de l’ONU, l’Europe verrait sa population stagner à 500 millions d’habitants sur les 30 prochaines années et serait surtout amputée de “49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans, dont 11 millions pour l’Allemagne”. L’Espagne et l’Italie pourraient également perdre 7 à 8 millions d’actifs.

La France n’y couperait pas, mais elle serait impactée dans des proportions bien moindres. D’après les calculs de l’Insee, l’Hexagone devrait compter 588.000 actifs potentiels de moins entre 2013 et 2050.

“La France pourrait se réjouir de quasiment rattraper l’Allemagne”, écrivent les auteurs, avant de prévenir: “Il est illusoire de se réjouir d’une telle perspective car nos voisins sont aussi nos principaux débouchés: 87% de ce qui est produit en France est consommé en Europe.”

Lire aussi: Croissance: la France devant l’Allemagne dès 2018, selon le FMI

“La pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais!”

Le Vieux contient ne serait pas le seul touché. La Russie perdrait également 22 millions d’actifs potentiels, le Japon 20 millions et, plus impressionnant, la Chine 195 millions. À l’inverse, d’autres pays en gagneraient, notamment les États-Unis (+20 millions), mais surtout ceux du contient africain.

De l’autre côté de la Méditerranée, la population totale devrait augmenter de 1,3 milliard d’individus. Un jeu de vase communiquant avec l’Europe devrait s’opérer. “La pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais!”, s’exclament les auteurs. “Ce choc démographique (implosion interne et explosion externe), l’Europe n’en parle pas et ne s’y prépare pas.”

“Si 1% du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait quand même 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20% de plus! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe ne devrait pas attendre pour se préparer à de telles perspectives.”

Relancer la fécondité

“Pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant”, suggèrent les auteurs. Pour assurer le renouvellement des générations, il faut au minimum un taux de fécondité de 2,05 enfants par femme. La France en est proche avec 1,9 enfant par femme, mais dans l’Union européenne il est de 1,5 selon l’OCDE. À ce niveau là,  “l’Europe aura demain des générations de jeunes actifs un tiers moins nombreuses que celles actuelles”, préviennent les auteurs.

“Une chute du nombre de naissances est, pour un pays, l’équivalent de ce qu’est pour une entreprise une diminution de l’investissement ; cela permet de bénéficier, pendant un certain temps, d’une trésorerie plus confortable, au prix de problèmes graves ultérieurs. Il en ressort que la politique familiale soutenant la croissance démographique est un investissement pour le long terme.”

Jean-Christophe Catalon

 

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